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J.O de Londres: la maman d’un champion raconte …

J.O de Londres: la maman d’un champion raconte
23-10-2012
Ils avaient tous l’air si épanouis, ces athlètes des jeux paralympiques de Londres, que nous avons voulu connaître le secret de fabrication. Et comme il y a souvent une maman derrière un champion, Déclic a interviewé celle de Dominique Rumeau.

Londres, 90 000 spectateurs et Damien sur la piste ! On ose à peine imaginer l’émotion qui vous a saisie…
C’est une émotion indicible, ça vous prend aux tripes, à la gorge. J’ai filmé, mais tout est flou tellement je tremblais… Lorsque je suis entrée dans ce stade, ma seule peur a été « Comment va-t-il résister à cela ? ». Et je l’ai vu, au milieu des cris, des lumières, posé, capable d’assurer, allant demander conseil à son coach entre chaque jet… À Londres, son attitude nous a tous surpris. Il lui fallait cohabiter pendant onze jours au sein du village olympique et résister à la pression médiatique. Il n’y allait pas pour ramener une médaille, à moins d’un miracle. Non, le vrai défi, c’était de vivre cette incroyable aventure dans la sérénité.

Dans le sport adapté, les victoires ne s’estiment pas en médailles ?
Évidemment que non ! Lorsque Damien était petit, son pronostic était si peu brillant qu’on pensait qu’il ne serait jamais en mesure de travailler en Esat. Alors, cette qualification, c’est comme s’il avait été reçu à Polytechnique ! Vous vous êtes battue pendant quinze ans, quitte à passer pour l’emmerdeuse de service, mais vous aviez raison.

Ce rêve, c’était aussi le vôtre ?
Non, pas vraiment. Je n’ai pas d’objectif particulier pour mon enfant. Avoir son gosse aux Jeux paralympiques, c’est au-delà de toute espérance, a fortiori lorsqu’il a un double handicap. Damien est le seul maître d’œuvre ; je ne suis qu’un facilitateur. Ce qui compte, c’est qu’il soit bien dans ses pompes et le moins possible en situation d’échec. Être parent, c’est reconnaître que notre enfant a des compétences, quitte à aller au-delà de nos propres peurs. La première fois où j’ai laissé Damien sortir seul en ville, ce n’était pas simple. Je me suis transformée en détective pour le suivre, mais je ne voulais surtout pas lui dire « Non ! ».

Propos recueillis par Emmanuelle Dal’Secco

Retrouvez la suite du « Grand entretien » dans Déclic n°150 (novembre-décembre 2012)

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